Projet de complexe multifonction : 3,6 millions d’euros, pour qui ? pour quoi ?

25 janvier 2017
Publié dans Au fil des jours
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La salle de tennis couvert - Hauteur intérieure 9,40 m La salle de tennis couvert - Hauteur intérieure 9,40 m

Madame, Monsieur, chers Concitoyens,

Un an après notre intervention suite à la décision de fermeture du bureau de poste, nous reprenons la parole pour vous rendre compte de la vie municipale, des décisions qui se prennent et de notre position sur un projet qui risque d’avoir de graves conséquences pour l’avenir de notre commune.

Vous avez pu découvrir dans le dernier bulletin municipal quelques esquisses du « programme phare du mandat » de Nicolas Le Bozec présentées sans le moindre chiffre ni information à l’appui.

Le conseil municipal a validé le 6 décembre dernier, par une courte majorité de 11 voix (sur 19), un marché de maitrise d’œuvre de 400 000 € HT pour la construction d’un complexe associant une salle de sport, une deuxième salle des fêtes et un nouvel accueil périscolaire dont l’implantation est prévue à côté de la maison de retraite.

Compte-tenu du montant prévisionnel des travaux annoncé à 2,65 millions d’euros HT, du coût de la maitrise d’œuvre, des probables aléas et dépassements de budget qui en découleront et des charges de TVA irrécupérables,
nous estimons le coût prévisible global de ce projet à 3,6 millions d’euros sans parler des coûts de fonctionnement annuel considérables générés par un tel équipement.

La surface intérieure projetée s’établit à 1635 m2 dont à peine 400 m2 concerneront l’accueil périscolaire. (le projet de périscolaire développé par la précédente municipalité s’étendait sur une surface de 650 m2 soit 60% de surface supplémentaire).

La part du gymnase, de la nouvelle salle des fêtes et des espaces associés représente ainsi 1 250 m2 soit 75% de la surface totale et donc du coût de construction prévisible, soit 2,7 millions d’euros.

Le coût de fonctionnement estimé de cet ensemble (hors périscolaire) avoisinera les 200 000 € annuels.

Un court de tennis couvert avec bar et club house… un périscolaire réduit à la portion congrue

Si nous soutenons le projet de construction d’un nouvel accueil périscolaire associant une salle dédiée à la pratique du sport pour nos écoles, nous déplorons que la partie périscolaire du projet présenté par Nicolas Le Bozec semble réduite à la portion congrue et ne soit que le prétexte à la construction d’une salle de sport (sur)dimensionnée,  qui se trouve être avant tout un court de tennis couvert avec bar et club house d’un coût de 2,25 millions d’euros dans laquelle le maire et sa troisième adjointe en charge des finances (et ancienne présidente du tennis club…), auront certainement plaisir à s’adonner à leur sport favori mais dont il est permis de douter qu’elle réponde aux besoins et aux attentes des habitants de notre commune (qui n’ont évidemment pas été consultés…).

Pour info, le club de tennis de Vigy ne compte à ce jour qu’une soixantaine de licenciés… 

Une commune de 1600 habitants peut-elle sérieusement envisager de construire un deuxième gymnase à 800 m du premier fraichement réhabilité en 2014 pour près de 2,4 millions d’euros ?

Une deuxième salle des fêtes…

Il est prévu la construction d’une nouvelle salle des fêtes au sein de ce complexe. Chacun pourra s’interroger sur la pertinence d’un tel choix et les inévitables nuisances sonores qui en résulteront pour les résidents de la maison de retraite située à quelques mètres.

Un plan de financement irréaliste

Le plan de financement de ce « mégaloprojet » est lui aussi sujet à bien des interrogations.

En effet, Nicolas Le Bozec a vendu à sa majorité un plan de financement tout aussi idyllique qu’irréaliste puisqu’il prétend pouvoir le faire cofinancer à hauteur de 80% par les subventions de l’Etat, du Département et de la Région. Dans le contexte actuel de contraintes budgétaires et de réduction drastique des subventions, la concrétisation d’un tel plan de financement reposant sur 2,6 millions d’euros de subventions apparaît plus qu’hypothétique.

En outre, même si le maire obtenait les subventions espérées, une mobilisation aussi massive et concentrée de financements publics sur un seul projet priverait la commune de toute chance de voir aboutir les nombreux autres investissements dont elle a besoin pour poursuivre son développement.

La majorité municipale sous contrôle 

Une telle inconséquence dans l’engagement des finances communales pose la question de l’irresponsabilité de la majorité municipale. Alors qu’elle vient de valider un marché de maîtrise d’œuvre pesant à lui seul 400 000 €, s’est-elle sérieusement posé la question des conséquences pour le budget de la commune et de ses habitants si les financements espérés n’étaient pas au rendez-vous ?

Quelle attitude adoptera le maire dans ce cas de figure plus que probable ? Décidera-t-il de recourir massivement à l’emprunt et d’endetter lourdement la commune ?

Pour mémoire, au début de son mandat, le maire a été autorisé par sa majorité (d’alors) à contracter seul et sans autorisation préalable du conseil municipal jusqu’à 1,5 million d’euros d’emprunt par an !

Interrogé sur ce point lors de la séance, ce dernier est, comme d’habitude, resté évasif et fuyant…

Combien a-t-on déjà dépensé ?

Il faut savoir que le maire a, depuis le début de son mandat, engagé des sommes conséquentes sur différents projets
« arlésienne » pour,

En 2014 :

- un premier projet d’accueil périscolaire dont l’ouverture avait été annoncée pour le début de l’année 2015 et finalement abandonné (12 000 €),

- différentes missions d’études confiées à des organismes extérieurs (10 000 €)

En 2015 :

- un projet de salle multifonction qui avait valu à la commune d’être assignée au tribunal administratif par l’ordre des architectes de Lorraine réclamant l’annulation du marché de maîtrise d’œuvre considéré illégal. Suite à l’intervention du préfet, le conseil municipal a été contraint de faire marche arrière. Coût pour la commune : 20 000 €

En 2016 :

- de nouvelles missions d’études (30 000 €)

- les frais du concours d’architectes (30 000 €),

soit plus de 100 000 € auxquels se rajouteront en 2017 de nouvelles études d’avant-projet facturées 143 000 €…

C’est donc une somme de 243 000 € qui aura été dépensée sans la moindre garantie que le projet puisse être financé et aboutir et sans qu’il soit établi qu’il réponde réellement aux besoins et aux attentes des habitants.

Qu’avons-nous exigé du maire lors de la séance du 6 décembre ?

- Que le projet et son plan de financement soient présentés aux habitants dans le cadre de réunions publiques,

- Que le projet et son plan de financement soient exposés en mairie et publiés sur le site Internet de la commune,

- Qu’un cahier d’observation soit mis à la disposition des habitants,

- Que la poursuite du projet soit conditionnée à son approbation par les habitants consultés dans le cadre d’un référendum d’initiative locale.

Par ailleurs nous considérons qu’un tel projet ne saurait sérieusement être engagé sans qu’une analyse financière prospective, réalisée par les services de la Direction Régionale des Finances Publiques, ne soit portée à la connaissance de l’ensemble des élus du conseil municipal et des citoyens dont on oublie trop souvent qu’ils sont les premiers concernés.

Alain Vanzella - Marie-Claire Leclaire - Jean-Luc Saint-Eve - Barbara Fanchini - Anne Mayer - Hervé Boulanger

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