Refus d'appliquer la réforme des rythmes scolaires : Une manœuvre de diversion pour masquer la destruction programmée du service périscolaire par la nouvelle municipalité.

18 juin 2014
Publié dans Au fil des jours
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Deux mois auront suffi à détruire ce qui a été patiemment construit depuis 2008 et plus particulièrement ces trois dernières années, laissant le sentiment d’un immense gâchis.

En effet, six agents du périscolaire, dont le directeur, Jérémy Barbier, ont appris que leurs contrats ne seraient pas renouvelés au motif, selon la 1ère adjointe Audrey Ecker, « qu’ils ne répondent plus aux besoins de la collectivité sur le service animation (périscolaire et cantine) ». Le cynisme a été poussé jusqu’à leur proposer de postuler sur les postes dont il est annoncé la création pour la rentrée en les invitant « à faire parvenir leur curriculum vitae et une lettre de motivation manuscrite afin de passer un entretien d’embauche »…

La plupart de ces agents étaient titulaires, ou en cours de validation des diplômes requis par le code de l’action sociale et des familles pour assurer les fonctions d’animation ou de direction dans les accueils de loisirs (BPJEPS, BAFA, BAFD, CAP petite enfance) dont relève le périscolaire de Vigy.

Ils étaient particulièrement appréciés des enfants et avaient su gagner la confiance de leurs parents. L’enquête réalisée fin 2013 avait clairement mis en évidence la satisfaction des familles et la qualité du service qui avait obtenu la note de 8.3/10.

La violence des propos tenus par le maire à l’égard de l’équipe du périscolaire (voir ci-dessous), lors du conseil municipal du 5 juin dernier, a profondément choqué les agents et l’on peut comprendre que cela en soit trop pour ceux qui, depuis plusieurs années, n’ont eu de cesse de s’investir au service des enfants malgré la précarité qui leur a été imposée.

Aujourd’hui le périscolaire est à la dérive, de nombreux agents sont en arrêt et les taux de qualification et d’encadrement exigés par la réglementation ne sont plus respectés.

A peine élue et avant de construire quoi que se soit, la nouvelle municipalité a choisi de détruire ce qui fonctionne. Elle a manifestement décidé de faire place nette et, selon le nouveau maire, de « remettre les compteurs à zéro », à moins que l’on ne soit tout simplement en train de libérer ces postes afin de pouvoir les proposer en remerciement des bons et loyaux services rendus par certains durant la campagne…

Nous regrettons également la récupération de l’inquiétude des parents à propos de la réforme.

Pour montrer que la nouvelle municipalité était à « l’écoute des parents », au vu d’une pétition dont on dit qu’elle a été suggérée par les élus, Nicolas Le Bozec leur a laissé croire que la commune pouvait ne pas appliquer les lois de la République. Il s’agit précisément du décret du 24 janvier 2013 (relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires) que certains considèrent illégal, arguant que la réforme aurait dû se fonder sur une loi.

Que la réforme soit fondée sur une loi ou un décret ne change rien à l’affaire. Le décret est un texte doté de la force obligatoire et seul le Conseil d’Etat est habilité à juger de sa légalité. En attendant, le premier devoir d’un maire et de ses adjoints est de respecter la loi et les textes édictés par l’Etat.

Alors que les horaires avaient été fixés au début de l’année par le comité de pilotage ayant associé tous les acteurs concernés et à l’unanimité de ses membres, au terme d’une large concertation avec les familles, voilà qu’à trois semaines de la fin des cours, les parents ne savent plus sur quel pied danser et se retrouvent dans le flou le plus total. Tout cela n’est pas très sérieux.

Y aura-t-il, oui ou non, classe le mercredi matin ? A quoi ressemblera le périscolaire à la rentrée ?
Quelle équipe s’occupera de nos enfants ?

Nous ne voyons, dans cette manœuvre, qu’une opération de communication opportuniste et improvisée pour masquer l’épuration en cours au périscolaire et l’absence totale de préparation et de propositions concrètes et concertées pour les enfants sur fond de bataille des égos au sein de la nouvelle municipalité.

Nicolas Le Bozec a, en effet, déclaré, lors du conseil municipal du 5 juin dernier, que l’équipe du périscolaire était la principale raison de ne pas appliquer la réforme, l’accusant publiquement de « manquer totalement de puissance dans sa maturité, dans son comportement et dans son implication de ce que je pourrais appeler le sens des enfants, le sens de l’autorité et le sens de l’éducation... » [sic]. A peine deux mois après son élection, ignorant tout d’un service dans lequel il n’a pas mis les pieds, il concluait par : « Avec cette équipe du périscolaire, je n’ai pas les résultats que je voudrais avoir ! ».

Ces attaques publiques contre le directeur et les animateurs du périscolaire sont inacceptables, de surcroît de la part du maire. Elles sont l’expression d’une totale indifférence quant à leur travail, aux liens affectifs qu’ils ont su tisser avec les enfants et à la reconnaissance des nombreuses familles, usagers du service.

Qu’en est-il par ailleurs du projet de construction du nouvel accueil périscolaire et de la petite enfance ? Le budget 2014 n’y consacrant pas une ligne, il est permis de s’interroger sur les intentions de la nouvelle municipalité à ce sujet. A l’évidence, le projet est à l’arrêt.

Alors on comprend peut-être ce que voulaient dire certains parents, proches des nouveaux élus, commentant les conséquences du refus d’appliquer la réforme des rythmes scolaires à la rentrée de septembre : « Peut-être que la commune sera condamnée à payer des amendes, mais cela coûtera toujours moins cher que de construire le nouveau périscolaire… »

La gestion d’un service aussi important que le périscolaire exige du calme et de la sérénité et devrait s’inscrire dans la continuité avec comme principale ligne de mire, l’intérêt des enfants et des familles. C’est pourquoi, alors qu’il y a tant de choses à construire, il est regrettable de voir ainsi remis en question ce qui existe et qui fonctionne. En attendant, le maire est aux abonnés absents et se réfugie dans les hypothétiques rendez-vous qu’il promet, depuis son élection, aux parents qui le questionnent sur le sujet. A ce jour, ils attendent toujours et n’ont plus d’illusions.

Extraits de léchange entre Nicolas Le Bozec et Alain Vanzella, dans le cadre du débat sur la non-application de la réforme des rythmes scolaires lors du conseil municipal du 5 juin 2014

Alors qu'Alain Vanzella évoquait le courrier adressé par Audrey Ecker à six animateurs dont le directeur, les informant de la non-reconduction de leurs contrats au motif « qu’ils ne répondent plus aux besoins de la collectivité sur le service animation (périscolaire et cantine) », Nicolas Le Bozec déclare :

NLB : « Nous avons, avec l’équipe qui m’entoure, pris des points de repères pour prendre une décision sur cette non application de la reforme des rythmes scolaires. L’équipe périscolaire est une fondamentale. Moi je pense que l’équipe périscolaire de Vigy est une donnée qui nous a effectivement fortement motivés pour ne pas appliquer cette réforme, pourquoi ? Parce que je pense que cette équipe manque totalement de puissance. Elle manque totalement de puissance dans sa maturité, dans son comportement et dans son implication de ce que je pourrais appeler le sens des enfants, le sens de l’autorité et le sens de l’éducation. »

AV : « Donc, vous avez l’intention de la renouveler ? »

NLB : « Je dirais que nous remettons les compteurs à zéro. Nos critères pour la nouvelle équipe seront certainement beaucoup plus serrés et beaucoup plus sérieux. »

AV : « Je ne peux pas laisser dire que l’on a recruté des gens de façon pas sérieuse. C’est inacceptable ! »

NLB : « Monsieur Vanzella, avec cette équipe du périscolaire, je n’ai pas les résultats que je voudrais avoir ! »

AV : « Vous êtes élu depuis deux mois, quels résultats ? »

NLB :« Je n’ai pas les résultats que je voudrais avoir. »

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